Gibraltar, en attendant une bonne météo

Vendredi 30 octobre, le soir, départ pour Gibraltar

Vous vous en souvenez si vous avez lu l’article sur nos deux jours à Malaga, nous y étions assez mal installés. pas d’eau, pas d’électricité, une tarification par tranches de 24h de minuit à minuit. Les informations relatives à la fermeture de la ville ou même de la région à cause de la Covid-19 nous ont incité à partir tard dans la soirée.
22h : Il est temps de partir pour Gibraltar...

Comme on peut s’y attendre, il n’y a pas un souffle de vent et la navigation se fait au moteur, à une vitesse moyenne de 6 nœuds. L’arrivée est prévue vers 9h.

La mer est calme, le ciel à peine voilé éclairé par la lune, quasi pleine. La nuit se passe doucement, sans surprise. On aperçoit le “rocher”, au loin, dès 5h, sous l’éclairage de la lune. 6h, 7h, nous passerons le cap vers 7h30.

Peu avant l’arrivée, des dizaines de petits bateaux de pêche jonchent l’entrée de la baie. Et chose curieuse, pénible : tous ces pêcheurs passent leur temps à parler sur le canal 9 de la VHF, celui des autorités portuaires et de la marina ! C’est infernal.

Nous naviguons donc en évitant à la fois ces pêcheurs et les nombreux cargos et autres tankers ancrés ici.

Nous arrivons à la marina Alcadeisa, côté espagnol, à La Linea de la Conception. Un stop au quai d’accueil pour les papiers d’arrivée, puis installation ponton 14, place n°4. Les pendilles sont énormes, difficiles à placer sur nos taquets. Mais nous sommes enfin installées…

Nous avions initialement prévu de ne rester que quelques jours, afin de nous ravitailler, d’aller visiter Gibraltar et de faire quelques menues réparations. Une fenêtre météo favorable s’ouvre lundi. La prochaine sera presque 10 jours après…

Derrière Jasmin, trois catamarans Outremer sont en attente de traversée : Horizon (5X), Harmony (51) et Moorea (4X). Ils doivent rejoindre Las Palmas pour le départ de l’ARC…

Lundi 2 novembre, petite réparation

Durant notre traversée depuis Malaga j’ai constaté que notre feu de navigation tribord, le vert, ne fonctionnait plus ! Pas question de poursuivre notre voyage ainsi : non seulement c’est interdit, mais en plus ça peut s’avérer dangereux. Je démonte donc le feu en question : tout est bouffé par l’oxydation à l’intérieur ! Je coupe un peu du câble, je dénude : c’est pareil. En fait, le câble est oxydé sur plusieurs mètres, je vais devoir le changer. J’ai trouvé quelques mètres de câble électrique au ship du coin, de nouvelles cosses. La réparation devrait tenir.

Pour bien faire il faudrait faire la même intervention à bâbord, mais tant que ça marche, je ne touche à rien. J’espère que notre catamaran sera équipé avec du câble de meilleure qualité…

Mardi 3 novembre, visite de Gibraltar

Voilà quelques jours que nous sommes scotchés à la marina. Elle est presque déserte alors qu’en cette saison, elle est pleine à craquer. Nos sommes sur un ponton éloigné, destiné à recevoir de grands bateaux. En en cette période d’épidémie, toutes les installations ne sont pas ouvertes : nous sommes à 700m des sanitaires, il faut prévoir ses petits besoins. Sans compter que le matin, il fait froid (10°C), et qu’aller prendre sa douche puis en revenir n’incite pas à une hygiène citadine…

Aller à Gibraltar, donc en territoire britannique, se fait à pied, sans problème. Le plus étonnant dans le passage de frontière est que celle-ci se trouve dans l’axe de la piste d’atterrissage de l’aéroport. Et traverser ainsi une piste d’aéroport à pied n’est pas si commun !

La visite de la ville est finalement assez rapide : Gibraltar n’est pas si grand que ça. Mais pour monter en haut du rocher, la bonne solution est de prendre le funiculaire, le “cable car” qui gravit les 412m en 6 minutes.

Au sommet nous avons une impressionnante vue sur le détroit et ses nombreux navires de commerce ancrés, attendant de gagner le port d’Algesiras, plus à l’ouest. Nous voyons aussi (aux jumelles), la seconde colonne d’Hercule, sur la côte marocaine : le Djebel Moussa.

La visite de la ville est finalement assez rapide : Gibraltar n’est pas si grand que ça. Mais pour monter en haut du rocher, la bonne solution est de prendre le funiculaire, le “cable car” qui gravit les 412m en 6 minutes.

La visite nous conduit sur des sites historiques, dans un parc protégé mondialement connu pour ses singes en liberté. Un peu envahissants, habitués à être nourris par les touristes qui s’en amusent. Et se font mordre chaque jour, parfois fortement !

Une petite visite à la Grotte de Saint Michael s’impose : à venir à Gibraltar, autant visiter ses sites touristiques principaux…

La vision du côté est du rocher, sur la Méditerranée, est rendue plus impressionnante par l’installation de passerelles transparentes : vertigineux point de vue. La petite plage en contrebas est totalement artificielle et a été aménagée par les Britanniques avec du sable rapporté du Sahara…

Nous terminerons notre visite par quelques-uns des sites historiques et militaires qui remontent au 18e siècle. Le rocher est un vrai fromage à trous !

Un dernier point de vue sur le côté espagnol et la marina et il est temps de rentrer sur Jasmin.

Finalement nous allons rester ici une dizaine de jours, dans le froid et le ciel gris de ce début novembre. La marina est vide, les restaurants sont pour partie fermés, les commerces ne sont pas attrayants : cette escale ne nous a pas laissé un souvenir agréable.

Ce sera l’occasion de nous approvisionner encore un peu (sachets de nourriture pour Grisette en particulier, à Carrefour, à pied…), et de mieux ranger les coffres de Jasmin en prévision de la traversée.

Pour finir, une photo d’un truc étonnant pour un Français : le prix des vins à Carrefour. Et vous pouvez me croire : à ce prix, une bonne partie d’entre eux valent des vins deux ou trois fois plus chers en France !

Pour quelques Euros, les vins espagnols auraient à remontrer à nombre de vins français !

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À méditer…

Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.

Marcel Proust